Maurice Obadia, invité du GIPC

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Les marches du festival économique

 

Le GIPC (Groupement des importateurs de papier et carton) avait convié à sa réunion annuelle l'économiste Maurice Obadia qui s'est attelé à nous faire voir l'économie sous l'image d'un festival avec montée des marches… et descente plus rapide parfois ! Une façon d'éclairer de façon imagée la dynamique d'une économie globale. Dans la réalité quotidienne, les marches qu'ont à gravir les unités micro économiques ne sont pas fondamentalement différentes de celles sur lesquelles doivent progresser les grands ensembles. La question est donc alors : quel parcours faut-il suivre pour être en phase avec l'évolution économique, en comprendre les déterminants, les écueils, et être un acteur petit ou grand de la vie économique au sens plein du terme ? Une question qui nous projette au coeur de l'action stratégique et permet en particulier de faire la différence entre une vraie stratégie et une suite de saisies d'opportunités…

La montée des marches

L'individu, l'entreprise ou le territoire qui participe activement au festival économique, opère un parcours en six marches.

Les deux premières marches comme point d'appui. Malgré l'aversion de la majorité des humains pour le déséquilibre, le mouvement économique se fonde sur les deux grands types de déséquilibres qui sont d'un côté, les manques, et de l'autres les surabondances. Pour éviter que ces déséquilibres ne nous engloutissent, il faut se ramener à un déséquilibre contrôlé. Deux premières marches sont nécessaires à la motricité contrôlée du système et de ses acteurs. 

Il faut ensuite si possible un fonctionnement quotidien durable. Pour cela trois nouvelles marches sont nécessaires. D'abord des choix de production et d'échange, ensuite la concrétisation de ces choix, enfin la gestion des conséquences de ces choix dans la transformation des modes d'existence. 

La sixième marche est celle qui doit montrer le but. Elle justifie à elle seule les efforts et les coûts, matériels et humains, supportés tout au long du parcours. Sans elle, l'activité machine deviendrait une fin en elle-même. 

Mais l'atteinte de la sixième marche peut constituer un piège : le risque de succomber aux attitudes d'immobilisme. Pour y échapper de nouvelles questions doivent surgir : quels sont les itinéraires d'avenir et les rebonds possibles ? Comment retrouver de nouvelles sources motrices ? Ce qui ramène aux deux premières marches !

Malheureusement, nous savons que l'ensemble du parcours vertueux qui mène à la montée des marches peut aussi déraper. Nous pouvons, volontairement ou non, refuser les pentes de l'activité, ignorer ou manquer certaines marches... Et c'est alors la descente aux enfers qui se profile.  pour cause de résistance au changement, de manque de coopération, de repliement, de dégradation du climat, de banalisation du dumping ou de concurrences déloyales. On perd alors le sens du mouvement, des valeurs, c'est le repli sur l'égonomie... Le cercle vicieux de la descente aux enfers !